La graine d’une idée dans la tête…
On a toujours voulu voyager. Habitués depuis notre enfance à de longs voyages en Europe ou en Afrique, on a voulu cultiver cette habitude une fois ensemble. Depuis que nous sommes parents c’est encore pire, voyager nous obsède.
Première tentative, 2015. Quelques mois après la naissance de Nedjma, on a voulu en profiter pour changer de mode de vie. Djibril a postulé pour un poste en Egypte, quelques semaines plus tard le contrat est signé: on part pour l’Egypte dans 8 semaines…ou pas.
Le jour du départ, on apprend par la préfecture que nos passeports de service, bien qu’étant arrivés, ne nous serons pas remis. Pour une raison que l’on ignore jusqu’aujourd’hui, le contrat a été annulé unilatéralement nous laissant sans logement, sans emploi, avec un bébé de 6 mois. C’est le choc!
Changement radical
On décide alors de ne plus dépendre de qui que ce soit et que l’on partirait par nos propre moyens. Un an plus tard, jour pour jour, on s’envole pour la Malaisie. Plage de sable fin, plein soleil, capitale super développée, population accueillante, et surtout, le Adhan! Un dépaysement total, bref, le coup de foudre. A notre retour, c’est la dépression. Entre les difficultés à occuper un poste à hauteur de nos compétences et les défis quotidiens quand on fait partie d’une certaine population en France aujourd’hui… plutôt que d’entrer dans l’auto-victimisation, on a décidé un matin de grisailles dans les bouchons, en lisant la tristesse sur le visage des gens, que nous ne voulions plus jamais vivre ça. Ni une ni deux, changement radical et immédiat de notre mode de vie: chaque centime sera méthodiquement dépensé pour un combler réel besoin et non une envie. Plus motivés que jamais, on fait tout pour partir le plus vite possible. Nedjma possédait quant à elle une tirelire dans laquelle elle mettait assidûment chaque pièce qu’elle pouvait trouver ou récupérer après les courses en tendant gentillement la main à la caissière. A peine de quoi payer les billets que nous les avions réserver. Plus le choix, on ne peut plus faire marche arrière, on part dans un an. C’était une période courte mais intense. Chaque matin nous rapprochait de notre départ qui était au cœur de presque toutes nos discussions. Six mois avant le départ, on annonce officiellement à nos proches que l’on part tenter une aventure à l’autre bout du monde, peut-être le temps d’une vie. Ils s’en doutaient tous un peu, nous connaissant, mais redoutaient ce moment où les dates sont posées et les plans exposés. Pendant cette période on quitte notre appartement pour profiter au max de notre famille (bon… c’était aussi pour économiser quelques mois de loyer ^^). Au bout de plusieurs longs mois, on décolle enfin (déjà?) pour la Malaisie.
Nouvelle Vie
Après plus de 16h de voyage, nous voila enfin arrivés en Malaisie, plus précisément sur l’île de Langkawi, où nous avons élu domicile. On avait rendez-vous avec le propriétaire de la maison que nous avions réservé depuis la France quelques mois avant. Nous sommes arrivés avec à peu prés 4h de retard dû à un vol raté en correspondance à Kuala Lumpur, mais il est resté, et nous a accueilli tout sourire et nous a même invités au restaurant… Nous qui avions pensé, à un moment donné, que c’était un escroc parce qu’il ne répondait que tous les 3 jours à nos messages… c’est juste un homme bien occupé. Il nous présente le quartier, la maison, les endroits indispensables, il est même resté jusqu’au lendemain alors qu’il était sensé travailler à Alor Setar, à quelques kilomètres de l’autre coté de la mer, sur le continent. On a pris nos repères assez vite, surtout Nedjma qui a appris le bahasa melayu en quelques semaines. On a aussi durant cette période été impliqués ou à l’initiative de plusieurs actions humanitaire comme des constructions de puits, achats de livre et de nourriture pour les orphelinats, aide financière pour les rohingyas, les veuves, les personnes isolées etc… Ce qui était magnifique pendant ces actions, c’est que nous étions le seul point de contact entre les donateurs et les bénéficiaires. L’action était quasi instantanée, surtout quand on pouvait avancer les frais. Le plus beau c’était le rassemblement de personnes inconnues ou presque, de tous horizons, origines, religion qui se rassemblaient autour de ce qui nous touche tous: l’humain. On a trouvé la parfaite utilité aux réseaux sociaux et un sens profond à donner à nos voyages: être utile à soi même en étant utile à l’autre.
« Aucun de vous ne sera véritablement croyant, jusqu’à ce qu’il aime pour son frère ce qu’il aime pour lui même »
Muhammad Bin Abdillah, Prophète & Messager d’Allah
Malgré qu’on se sentait comme à la maison, à cause de notre instabilité administrative, on a dû sortir et rentrer dans le pays à maintes reprises pendant environ 20 mois, parfois par obligation, souvent par choix. Cela a eu pour effet de nous obliger à voyager dans les pays limitrophes et d’y avoir des projets professionnels et/ou humanitaires… C’est ainsi qu’on a commencé à se dire que tout compte fait, on pourrait bien vivre en voyageant, au moins pendant un temps, car cela nous plaisait. Mieux encore, c’est ce qu’on voulait, secrètement, depuis toujours.